|
|
5e Rencontres de Bourg Saint-Andéol REGARDS
CROISES "Terre
natale, Thématique |
Les
Rencontres "Regard Croisés..." Historique
THEMATIQUE
Si la découverte du Nouveau Monde est une aventure pour
l'Occident, elle est sans doute une catastrophe pour les Amérindiens,
puis pour les habitants des autres territoires découverts plus tard.
Suite aux différentes prises de possession de leurs terres par les nouveaux
arrivants, ces peuples se sont vite trouvés dans une situation de colonisation
sauvage, d'exploitation, de déculturation. A tel point qu'aujourd'hui,
nombre d'entre eux sont soit disparus, soit ont été assimilés,
soit encore sont devenus minoritaires dans leur propre pays. Parler de l'Autre
invite donc à leur donner la parole, à écouter l'histoire
non que nous avons, nous, écrite de notre conquête, mais de la
façon dont ils ont vu cette intrusion, eux qui n'étaient « pas
prévus au programme » (1).
Certes, aujourd'hui, des voix s'élèvent pour stigmatiser cette
façon que nous aurions de battre notre coulpe, de critiquer le fait colonial,
au lieu de relever la tête, comme s'il s'agissait une fois de plus de
dénier l'existence du passé, de refuser de voir notre propre histoire
en face. C'est oublier qu'il y a toujours un retour du refoulé. Que ce
refoulé refait surface brutalement au moment où l'on s'y attend
le moins (2).
Mais c'est surtout oublier que chaque année, des minorités disparaissent,
comme par exemple dans le Mato Grosso ou ailleurs, que la cause de cet Autre
n'est reconnue par personne (3) et qu'il
est temps de se demander pourquoi de vraies causes n'arrivent pas à se
constituer comme causes authentiques alors que tant d'autres qui ne le méritent
pas font la une des médias.
Il faudra bien se demander pourquoi cet Autre, qui a exercé sur les esprits
les plus subtils du 18e européen (4)
une véritable fascination, soit parce que l'on voyait en lui l'homme
originel tel que le dieu l'avait créé, soit parce qu'on lui prêtait
des vertus qu'il n'avait pas en le nommant le Bon Sauvage, soit encore qu'il
représentait un homme heureux parce que sans Histoire, soit enfin qu'on
lui accordait parcimonieusement une âme qu'il fallait vite sauver, lui
qui ne pensait pas en avoir une, mais seulement estimait qu'il faisait partie
intégrante du grand tout, de la nature, au même titre que l'animal
ou le végétal, il faudra bien se demander donc pourquoi cet Autre
est sans doute cette partie de nous mêmes qui nous fonde comme humain,
qui nous interroge sur notre origine et notre destination, qui nous regarde
le regarder en se demandant en quoi il nous intrigue, qui est comme un visage
dans lequel nous projetons nos illusions, nos fantasmes des origines, nos haines
de nous mêmes aussi.
Le reconnaître comme le même c'est bien sur nous connaître.
Cette identification ne doit pas masquer les différences, les écarts
sans doute quelques fois infranchissables entre lui et nous, mais cependant
nous inviter à reconnaître la forme de l'humain que nous aurions
pu avoir.
Dans ces trois journées qui vont être consacrées aux peuples
devenus, à cause d'une inflation de la population venue d'ailleurs, minoritaires
dans leur propre pays, nous devons écouter ce qu'ils ont à dire,
comprendre comment ils luttent pour que leur identité soit reconnue,
que leur culture puisse être sauvegardée, que leur population soit
protégée, que leurs droits fondamentaux à exister et à
se maintenir en vie leur soit enfin donnée.
Certes, il ne s'agit pas de se substituer au travail des Sciences Humaines qui
depuis les fondateurs comme Marcel Mauss et d'autres ont stigmatisé toute
catégorisation hâtive de l'Autre, voire la fabrication de toute
pièces d'une identité imaginaire idéale, d'un stéréotype,
pour mieux ensuite construire un ennemi, un mangeur d'homme.
Pour cela, des documents filmés seront, comme d'habitude, mis à
la disposition du public, des intervenants de ces peuples viendront rendre compte
de leur situation actuelle et de leur combat.
30/05/06
Jacques PONCET-MONTANGE
(1) C'est par ce mot que Levi Strauss parle de la découverte des peuples du Nouveau Monde
(2) Ainsi, nous n'en avons toujours pas fini avec la guerre d'Algérie, notre présence constante en Afrique, les peuples originaires de ce que l'on appelle pudiquement les Territoires et des Départements d'Outre Mer. Les récentes lois votées en cachette par des députés qui se font historiens sur les bienfaits de la colonisation montrent à quel point la route est encore longue pour interrompre cette amnésie.
(3) Il faudrait se demander comment une cause devient une Cause. Sans conteste, celle des peuples minoritaires n'en est jamais devenue une. Quelques associations cherchent à les faire reconnaître, mais la géopolitique et ses intérêts économiques les ignorent.
(4) Cette fascination qu'exerce le regard et le visage des autres peuples a permis à notre propre littérature de faire naître des textes remarquables qui nous interrogent encore aujourd'hui et nous étonnent par leur lucidité. Même si l'information que possédait un JJ Rousseau sur la question à l'époque, il n'en demeure pas moins que le second discours sur: « L'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes » et les notes qui l'accompagne sont encore l'objet d'une réflexion que l'on ne peut ignorer. Ou encore le Diderot du: « Supplément au voyage de Bougainville »
Programme :
Jeudi 18 janvier
CHATEAU PRADELLE
de 17h45 à 20 heures
OUVERTURE
LE MONDE DES PEUPLES MINORISES ET OUBLIES
"LA DANSE
DU CHASSEUR" (The great dance) (75')
Film documentaire de Graig FOSTER et Damon FOSTER
Les Bushmen Gana et Gwi vivent dans la
réserve naturelle du Kalahari. Le film raconte une scène de chasse
traditionnelle où la nature, l'homme, le ciel ne font qu'un. Il cherche
à mettre en évidence tout le cérémonial qui entoure
l'acte de chasser, de dépecer le gibier, de le transporter. Moyen de
subsistance traditionnel chez ce peuple, l'administration les repousse de leur
térritoire. Ce film aide à comprendre pourquoi il faut le préserver.
Débats avec:
Oriane
TROLUE, responsable communication AKAB
Jean-Patrick RAZON, responsable
de SURVIVAL France
JACQUES PONCET-MONTANGE, professeur de philosophie
FOYER
MUNICIPAL
de 21 à 23 heures
SPECTACLE proposé par l'OMC et l'Amicle Laïque
"CAMARGUE ROUGE" (80')
"Le jour où les Indiens vinrent en Camargue"
MUSQUE
ET RECIT de et avec Jean VILANE et Nicole RIEU
Au début du XX° siècle, des Indieux Sioux sont acceuillis
en Camargue. La rencontre et l'amitié qui s'installe entre ces personnes
de cultures et de traditions si différentes : Gardians, Indiens, Gitans
nous remplissent d'optimisme sur la capacité des peuples de se comprendre
et de vivre ensemble.
Vendredi 19 janvier
CHATEAU
PRADELLE
de 10
à 12 heures
Présentation du travail des élèves du Lycée G JAUME de Pierrelatte
COLLEGE
LE LAOUL
de 14 à 16 heures
Discussion
avec des invités des peuples minorisés
(Kanaks, étudiants à Bordeaux)
FOYER
MUNICIPAL
de
14 à 16 heures
Présentation du travaildes
enfants des écoles du Nord et du Sud de Bourg St Andéol
18-20 heures
QUELLES
LUTTES MENENT-ILS POUR SURVIVRE ?
"BASTION POINT THE UNTOLD STORY" (51')
Documentaire de Bruce MORRISSON
En 1977, la municipalité d'Aukland
décide de développer un projet immobilier, dans le plus beau site
de la ville. Cet endroit avait été reconnu par la Couronne d'Angleterre
comme lieu inaliénable du clan maori des Ngati Whatua. Au bout de 507
jours de lutte, la police les expulsa violemment. Cette bataille, sous l'impulsion
de Joé Oak changea le regard de la communauté blanche sur les
Maoris et redonna à ceux-ci une fierté et une nouvelle volonté
de se faire reconnaître et de retrouver des terres traditinnelles.
Débat avec
Jean-Pierre BAROU, écrivain et co fondateur des éditions "Indigène"
Sylvie
CROSSMAN
Responsable des éditions "Indigène"
Michel
TEXIER
Ethno-psychiâtre
Francine
TOLRON
maître de conférence à l'Université d'Avignon
RESTAURATION POSSIBLE
FOYER MUNICIPAL
de 21 à 23 heures
"TE
WHAEA Mother of change" (46')
Documentaire de Julian Mc CARTHY
Le combat d'une femme
maorie déterminée à aider des prisonniers d'Aukland à
retrouver leurs racines maories. Ana Tia se bat avec autorité et tendresse
pour que ces hommes, multirécidivistes, au corps tatoué et à
l'allure effrayante retrouvent leurs repères culturels. A leur sortie
de prison, elle les accompagne dans leur réinsertion
Débat avec
Caroline
TROIN
Responsable du Festival de Douarnenez
Jean-Pierre BAROU, écrivain et co fondateur des éditions "Indigène"
Sylvie
CROSSMAN
Responsable des éditions "Indigène"
Francine
TOLRON
maître de conférence à l'Université d'Avignon
Samedi 20 janvier
FOYER
MUNICIPAL
de
17 à 20 heures
QUI SONT LES CANNIBALES ?
« VOYAGES EN MEMOIRES INDIENNES »
de Doris BUTTIGNOL
Au Canada, de 1879 à
nos jours, de jeunes Indiens furent placés de force dans des foyers ou
des familles chargés de les "civiliser". Une tragique histoire
de déculturation vue par une des victimes, aujourd'hui à la tête
d'une association qui cherche à renouer des liens familiaux et culturels.
Sally Tisiga, jeune femme d’origine indienne nous entraîne dans
un voyage à travers les paysages grandioses del’Ouest Canadien.
A la recherche de sa propre histoire, Sally va revisiter la mémoire de
générations d’enfants autochtones arrachés à
leur culture et dont la souffrance, scellée dans le silence, s’est
perpétrée jusqu’aux enfants d’aujourd’hui.
Débat avec :
DORIS
BUTTIGNOL
Réalisatrice
Soizic
NOËL-BOURGOIS
Ethnologue
RESTAURATION POSSIBLE
21h30
: CLÔTURE
Soirée
animée par des guitares gitanes
En
cas d'annulation inopinée de cette animation,
le tarif global des activités de samedi serait ramené de
10 à 5 euros
Coordination
Jacques PONCET-MONTANGE
Secrétariat général
Paul BONNARIC
Trésorerie
Gilbert SAGNARD
Communication
Marie Hélène GASBARIAN
Michel VILLENEUVE
Organisation et logistique
Charlie ALONSO
Colette CANAUD
Rosa TORRES
Monique FAURE
Raphaële GUYON
Renée JEAN BAPTISTE
Martine LANG
Mireille NICOLAS
Marie-Thérèse REPONTY
Monique SAGNARD
Travail avec les enfants
Virginie JUSTAMOND
Richard MATHIEU
Dominique MERCIER
Didier THEVENIAU
Florian VILLEMIN
Conseillers techniques
Benoît CHAUVEL
Laurent REGNIER
Services techniques de la Ville
Photographie pour l’affiche
Collection Personnelle JPM
REMERCIEMENTS
CAF
Conseil Général de l’Ardèche
Contrat Global Développement Région
Crédit Mutuel
Mairie de BourgPartenaires
ALTER (Visan)
Amicale Laïque (Bourg)
Association Bourg/Sigueri (Haute Guinée)
Bureau du Cinéma Drôme/Ardèche (Montélimar)
Burkinamitiés (Saint Montan)
CRIC (Saint-Paul-Trois-Châteaux)
Editions INDIGENE (Montpellier)
DOUARNENEZ : Festival de Cinéma
Survival International (Section France)
ICARE (Bourg)
La Petite Ourse (Saint Montan)
L.I.R.E. (Pierrelatte)
OMC (Bourg)
Association des kanaks et amis de BordeauxCollège du Laoul (Bourg)
Ecole du Nord (Bourg)
Ecole du Sud (Bourg)
Lycée Gustave Jaume (Pierrelatte)
DDEN Drôme
Parents d’Elèves du
Collège du Laoul et Ecole du Nord (Bourg)
FOL 07